DÉCOLONISER LES ESPRITS

Le Journal du Panafricanisme Économique, Géopolitique & Géostratégique

Black Winter Is Coming …

L’AES face à la menace d’un « Hiver Noir »

On m’a dit : “ton ton est condescendant.”
Non! Mon ton est lucide, parce que l’évidence est là : la pression monte autour de l’AES, étape par étape, et beaucoup refusent de regarder. Le capitaine Ibrahim Traoré a nommé la chose : “l’hiver noir”. Pas une métaphore vide. Une alerte stratégique.

« La guerre se transporte en Afrique de l’Ouest. »
« Les impérialistes font tout pour mettre l’Afrique de l’Ouest à feu… »
« Le chaos pourrait s’installer. Beaucoup pourraient mourir. »

Quand la métaphore devient prophétie géopolitique

Lors du 2ᵉ Sommet du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le 23 décembre 2025 à Bamako, le Capitaine Ibrahim Traoré a prononcé un discours qui résonne comme un avertissement historique. Empruntant la formule iconique de Game of Thrones — « Winter is coming » — le président burkinabè a annoncé l’arrivée imminente d’un « Hiver Noir » sur l’Afrique de l’Ouest, qu’il décrit comme « très froid, sanglant et meurtrier ».

Cette métaphore n’est pas anodine. Dans la série télévisée, « Winter is coming » représente bien plus qu’une simple devise de la Maison Stark : c’est un avertissement face à une menace existentielle incarnée par les Marcheurs blancs. Pour Ibrahim Traoré, cet « Hiver Noir » symbolise les tentatives de déstabilisation que subit la région, où « les impérialistes font tout pour mettre l’Afrique de l’Ouest à feu et à sang ».

Une analyse géopolitique en pleine construction institutionnelle

Le discours d’Ibrahim Traoré débute par un rappel historique du Printemps arabe, ce tournant qui a bouleversé la géopolitique du monde arabe avec des conséquences souvent désastreuses. « Tous les Africains devraient comprendre ce phénomène, d’où il vient et ce qu’il faut faire pour s’en prémunir », a-t-il affirmé, regrettant que « certains Africains ne se réveillent pas ».

S’il prend le temps de s’excuser pour son retard au congrès — puisqu’il devait être présent dès le 22 décembre 2025— c’est sans doute parce que ce retard était dû à un soupçon de menace contre l’avion qui devait l’emmener à la rencontre. Nous savons désormais, depuis ce jeudi 25 décembre, que le ciel du Sahel est à portée de tir des navires américains stationnés au large des côtes du Nigeria. L’alibi des « agressions islamistes contre les chrétiens » pourrait très bien, par extension, s’appliquer aux États du Sahel, qui peuvent être ciblés à tout moment.

« À la demande des autorités nigérianes », selon le processus officiellement invoqué pour les frappes du 25 décembre, l’avion du Capitaine Ibrahim Traoré pouvait constituer une cible potentielle. Surtout que suite au coup d’état du 7 Décembre 2025 , le Burkina Faso est accusé de complicité avec les putschistes. Avoir été prévenu suffisamment tôt pour retarder le vol et sécuriser le trajet témoigne de la gravité de la menace. Les présidents de l’AES ne peuvent désormais plus se permettre de voler, même dans leur propre espace aérien, sans escorte militaire.

Ce discours intervient à un moment stratégique. Le 23 décembre 2025, l’AES a inauguré sa Banque Confédérale d’Investissement et de Développement (BCID-AES), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA (environ 890 millions de dollars). Cette institution vise à mobiliser des ressources propres pour financer des projets structurants dans les infrastructures, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’énergie et les interconnexions régionales.

La symbolique du 23 décembre

La date choisie pour cette inauguration revêt une dimension symbolique forte. Le franc CFA, conçu en 1939, fut officialisé le 26 décembre 1945, il y a exactement 80 ans. L’Histoire nous rappelle également que c’est le 13 janvier 1963 que Sylvanus Olympio fut assassiné, trois jours après avoir adressé à la France un courrier sur la création d’une monnaie togolaise indépendante. De même, le 11 janvier 1994 marqua la dévaluation de 50% du franc CFA après 46 ans de parité fixe.

En Afrique subsaharienne, les questions monétaires surgissent étrangement toujours en période hivernale en Occident. Parler aujourd’hui d’un « Hiver Noir », en référence à une nouvelle forme de révolution de couleur après les printemps arabes, s’inscrit dans cette continuité historique.

Le discours intégral du Capitaine Ibrahim Traoré

Bamako, 23 décembre 2025 – 2ᵉ Collège des chefs d’État de la Confédération AES

« Merci beaucoup à tous et bonjour chers frères et sœurs. Bonjour chers parents. Dans mon propos, je souhaiterais donc m’excuser auprès de la population qui nous a attendu hier et Dieu a voulu que ce soit aujourd’hui et nous soyons là. Nous nous rendons grâce pour tous les bienfaits et ce jour si merveilleux qu’on s’est retrouvé ici à Bamako pour la 2e session du collège des chefs d’état de la confédération AES.

Je voudrais aussi rendre un hommage appuyé à nos vaillantes forces combattantes qui mènent un travail colossal sur le terrain et qui permettent qu’aujourd’hui nous pouvons nous retrouver ici pour communier au nom de nos populations.

Je vais m’excuser encore une fois de plus auprès de ceux que mes mots pourraient vexer parce que je n’irai pas par le dos de la cuillère. Nous allons nous attaquer encore aux maux qui minent l’Afrique.

Vous avez certainement tous déjà entendu parler du printemps arabe. Ce phénomène qui a bouleversé la géopolitique du monde arabe en commençant par le Maghreb en Afrique jusqu’en Asie qui s’est manifesté avec des conséquences souvent désastreuses des morts et des divisions par endroit, et des bouleversements politiques sans précédent dans d’autres endroits. Et je pense que tous les africains devraient comprendre qu’est-ce que c’est que ce phénomène, d’où il vient et qu’est-ce qu’il faut faire pour se prévenir d’un tel phénomène.

Malheureusement, nous sommes au regret de constater que certains africains ne se réveillent pas.

Et ce que je vais dire n’est que ma pensée à moi, mon analyse, c’est qu’il y a quelque chose qui vient sur l’Afrique de l’Ouest que j’ai appelé l’Hiver Noir.

L’Hiver Noir arrive, il sera un hiver très froid, un hiver sanglant, un hiver meurtrier.

Vous allez me poser des questions. Pourquoi ?

Et bien en fondant la confédération de l’AES, nous avons senti ce froid venir et tous les jours que Dieu fait, nous nous évertuons à trouver des troncs d’arbre pour allumer un feu. Un feu qui va réchauffer le cœur des africains. Un feu qui va réchauffer les mentalités et le sang des africains pour nous unir autour.

Nous nous sommes évertués également à faire la chasse au loup, pour essayer d’utiliser leur peau pour faire des manteaux pour nous protéger du froid de l’hiver.

Nous nous sommes évertués à construire des montagnes, des grandes montagnes pour briser le vent de l’hiver qui devrait s’abattre sur nos communautés.

Malheureusement forcé de constater que certains noirs sont là tous les jours à arroser nos troncs d’arbre d’eau fraîche pour qu’ils ne s’enflamment pas. Ils se transforment en loup font en sorte que nous chasseurs de loup nous ne puissions pas surprendre le loup. Lorsque nous voulons construire nos montagnes ils brisent les cailloux pour que nous ne puissions pas arriver.

Pourtant l’hiver arrive.

Et quand devrions-nous permettre à ceux-là qui combattent notre protection de se protéger avec nos manteaux qu’on a confectionnés, avec les montagnes qu’on a construites pour nous protéger des vents ou encore se réchauffer avec nous autour du feu. Quelle est la question qu’il faut qu’on se pose ?

Qu’adviendra-t-il donc du panafricanisme quand l’hiver viendra ?

L’hiver viendra parce que la guerre se transporte en Afrique de l’Ouest. Les impérialistes font tout pour mettre l’Afrique de l’Ouest à feu et à sang. Mais du sommet de l’État jusqu’à certaines élites, soit nous faisons semblant de ne pas voir venir le danger ou bien nous sommes nous-mêmes complices de ce qui va arriver.

Le chaos pourrait s’installer, je dis bien pourrait s’installer. Beaucoup de gens pourraient mourir. Nous allons nous entretuer de manière tellement atroce que pendant ce temps, ils seraient là à piller nos richesses, à imposer leur volonté. Et ceux qui vont survivre de cette tragédie n’auront que deux choix. Soit s’unir pour toujours contre l’impérialisme ou se résigner à être des esclaves jusqu’à disparaître.

Il faut donc prévenir de l’hiver, l’Hiver Noir qui vient.

Nous ne pouvons pas comprendre que des noirs en Afrique de l’Ouest ici prient Dieu que les terroristes tuent des populations noires. Nous ne pouvons pas comprendre que des chefs d’état lâches se cachent derrière des médias soi-disant médias pour décourager, insulter, activer la haine entre les populations.

Les individus qui sont sur leur plateau qui tous les jours du matin au soir crachent leur venin toxique pour attiser la haine entre les communautés. Ils sont généralement très vilains avec leur gueule de misérable. Ils ne savent faire que cela. Regardez, ils sont là avec des yeux de drosophile sauvage. Tous les jours c’est cracher du venin.

Ils cherchent à diviser les communautés sur les réseaux sociaux. Ils sont là et ils sont nombreux. Pourquoi est-ce que nous noirs cherchons à cultiver la haine entre nous ? Et par hypocrisie, on se dit frère.

Il faut que nous puissions nous dire la vérité de manière très crue. Quitte à ce que ça vexe, on va s’excuser, mais il faut que nous nous réveillions. Pourquoi est-ce que le noir est comme ça ? Pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas voir le danger venir, nous unir et nous prémunir ? Pourquoi est-ce qu’il faut que par nos comportements nous allions affronter ces dangers qui risquent de nous décimer ?

Mais d’autres ont fermé les oreilles. Ils font semblant de ne pas entendre la politique de l’autruche. Des peuples se complaisent dans la colonisation. Ils aiment cette domination. C’est comme s’ils appellent les impérialistes, venez nous coloniser. Nous nous aimons être vos esclaves.

Nous nous posons souvent des questions lorsqu’on voit les réactions. Ces pseudo-intellectuels décérébrés qui sont là longueur de journée à entamer des débats en toute indignité, en toute malhonnêteté comme s’ils ne voient pas la réalité des exemples qui se présentent devant eux.

Il y a plein d’exemples. Lorsque la démocratie fait certaines choses contraire aux règles même qu’elle s’est fixées, ils ferment les yeux là-dessus. Mais ils sont prompts à nous appeler jeunes putschistes.

Mais soyez sûr d’une chose, nous sommes unis et nous resterons unis et nous devons ouvrir les yeux. L’AES va évoluer. Tout n’est pas forcément rose. Tout ne peut pas aller au rythme que nous souhaitons. Mais nous avançons sereinement et nous allons arriver à notre objectif.

Et quand viendra l’hiver, s’il faille que nous passions par l’hiver pour être libre, pour être unis, nous prions Dieu qu’il en soit ainsi et qu’il protège nos populations.

Sinon, une chose est sûre, l‘AES vaincra, l’AES grandira. Restez serein parce que nous avons confiance à nos populations. Nous avons confiance en vous que vous comprenez qu’aucune manipulation ne peut aujourd’hui nous diviser entre nous. Aucune manipulation ne peut nous amener à haïr d’autres personnes. Aucune manipulation ne doit nous amener à riposter d’une manière violente physique face à ces individus qui n’ont absolument rien compris. Restez serein.

Ne ripostez pas physiquement. Nous riposterons par la communication jusqu’à ce qu’ils changent eux-mêmes de mode d’action et nous allons aussi riposter en fonction de leur mode d’action. Restez serein, Dieu protégera l’AES. Dieu vous protège tous, toutes les populations de l’AES. Dieu vous accompagne tous dans vos objectifs. Et Dieu qui est si juste se bat pour ceux qui se battent. Nous nous battons. Nous sommes une population résiliente, la plus résiliente de la sous-région. Personne n’aurait cru que vous pouviez supporter ce que vous êtes en train de vivre. Nous allons vaincre le terrorisme.

Nous allons nous développer et nous allons nous affirmer. Nous allons avoir notre place dans le concert du monde. Que Dieu bénisse l’AES, que Dieu bénisse notre population résiliente et résistante. Que Dieu nous unisse davantage. La patrie ou la mort. Nous vaincrons.

Amen. »


Des signaux inquiétants : du Bénin au Nigeria

Le coup d’État avorté du 7 décembre 2024

La menace que décrit Ibrahim Traoré n’est pas théorique. Le 7 décembre 2024, une tentative de coup d’État au Bénin a été déjouée. Bien que les détails officiels restent flous, cet événement survient dans un contexte de tensions régionales autour de l’AES, et alimente les soupçons sur des tentatives de déstabilisation extérieures visant à fragiliser l’Alliance.

Les frappes américaines du 25 décembre au Nigeria

Deux jours après le discours d’Ibrahim Traoré, le 25 décembre 2025, les États-Unis ont mené leur première intervention militaire au Nigeria sous Donald Trump. Des missiles Tomahawk ont été tirés depuis un navire de guerre américain dans le golfe de Guinée, ciblant l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, près de la frontière nigérienne. Le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a précisé que ces frappes avaient été menées « à la demande des autorités nigérianes », tuant « plusieurs terroristes de l’État islamique ».

Le Nigeria a confirmé avoir autorisé ces frappes pour éviter une intervention unilatérale américaine, après plusieurs menaces lancées par Donald Trump. Daniel Bwala, porte-parole de la présidence nigériane, a précisé que « l’accord avec les États-Unis ne prévoyait pas la présence de troupes américaines au sol ».

Le choix du jour de Noël pour cette intervention, prétendument destinée à « protéger les chrétiens », soulève des questions. L’État de Sokoto, bordé par le Niger au nord, a été utilisé comme base par des bandes armées et des membres de la Province du Sahel de l’État islamique (ISSP). Cependant, certains analystes estiment que l’impact stratégique de ces frappes est limité et que l’enjeu est avant tout politique.

Les missiles ont explosé à proximité de la petite ville de Jabo, dans le district de Tambuwal, à 70 km au sud-ouest de la capitale régionale, Sokoto. Des impacts ont également été signalés dans le district de Tangaza, plus à l’est. La frappe a eu lieu vers 22 heures, et des habitants ont diffusé une vidéo d’un brasier, d’origine indéterminée, à la sortie de Jabo.

Ces cibles se situent bien loin des zones habituellement associées à Boko Haram et où les chrétiens n’apparaissent pas particulièrement menacés, mais très proches de la frontière nigérienne. Renseignées par les autorités nigérianes, ces frappes soulèvent des interrogations : s’agit-il réellement de positions islamistes massacrant des chrétiens, ou d’une opération montée de toutes pièces ?

Une offensive multidimensionnelle contre l’AES

Pression militaire et diplomatique

Des informations circulent sur des mouvements suspects aux abords des frontières de l’AES : présence alléguée du BSU ukrainien, mouvements de l’armée algérienne, tractations entre le Bénin et l’armée française. Pris isolément, ces éléments peuvent sembler anodins. Mis bout à bout, ils dessinent une dynamique claire : une montée en pression progressive autour de l’Alliance des États du Sahel.

L’objectif apparent de ces manœuvres devient perceptible : empêcher coûte que coûte la mise en place d’un nouveau système bancaire et économique au sein même de la CEDEAO, piloté par l’AES.

La question monétaire au cœur des enjeux

Ibrahim Traoré a présenté la Confédération AES comme un rempart, utilisant une métaphore récurrente : « En fondant la Confédération AES, nous avons allumé un feu qui va réchauffer le cœur des Africains, réchauffer les mentalités et le sang des Africains pour nous unir. »

Cette « chaleur » symbolique s’incarne dans des projets concrets de souveraineté monétaire et financière. La France voit s’éroder une rente financière substantielle liée au franc CFA, dont les montants exacts restent opaques mais suffisamment significatifs pour expliquer l’intensification des pressions.

Les enseignements de l’Histoire

L’Histoire africaine démontre que les transitions monétaires doivent être conduites avec méthode, comme le font les pays du Sud et les BRICS dans leurs processus de dédollarisation. L’exemple du Mali de Modibo Keïta ou celui de la Guinée de Sékou Touré, frappée par l’opération Persil en 1959, rappellent que la monnaie est un champ de bataille où l’improvisation est souvent fatale.

Malgré les critiques adressées aux États-Unis, le dollar demeure la monnaie de référence mondiale, prouvant qu’on ne quitte pas un système monétaire dominant sans stratégie ni temps. L’AES l’a compris et prendra le temps nécessaire.

Certains intellectuels ou hauts fonctionnaires appellent à une sortie immédiate et brutale du franc CFA. Une telle rupture, sans préparation économique, industrielle et financière, serait une erreur majeure. Ces transitions doivent être conduites avec méthode, exactement comme le font aujourd’hui les pays du Sud et les BRICS dans leurs processus de dédollarisation.

Les défis qui se profilent

Sécurité des dirigeants

Les incidents entourant le sommet de Bamako sont révélateurs. Les moqueries sur le retard du Capitaine Ibrahim Traoré prennent une autre dimension lorsqu’on apprend que son vol aurait été menacé, nécessitant un report par mesure de précaution. Encore insuffisamment équipée sur le plan aérien, l’AES évolue dans un environnement de plus en plus hostile.

La vie des dirigeants de l’AES est clairement exposée. La pression est autant physique que psychologique. L’objectif est connu : provoquer le doute, l’épuisement, l’usure mentale. C’est sur ce terrain que le camp adverse espère l’emporter.

Divisions internes

Ibrahim Traoré a dénoncé les divisions internes et accusé certains responsables politiques, médias et acteurs des réseaux sociaux de « semer la haine » : « Nous ne pouvons pas comprendre que les Noirs en Afrique de l’Ouest prient Dieu que les terroristes tuent des populations noires. »

Une grande partie de la communauté afro — élites, diaspora et continentaux hors AES — continue de refuser de regarder cette réalité en face. Pourtant avide de diplômes, elle manque cruellement de sens critique, d’analyse et d’anticipation. Pour elle, la méchanceté ne peut venir du nord mais uniquement du sud, entre nous.

Les déchirements déjà visibles suite aux événements du 7 décembre, avec ceux qui sont certains que l’opération est l’œuvre d’un Kemi Seba avec l’AES, montrent déjà le niveau d’esprit critique et de regard sur le fond du problème. Pourquoi le noir est comme ça ? Pourquoi refusons-nous de nous prémunir alors que nous voyons le danger arriver ?

Vers un premier « Hiver Noir » ?

Ibrahim Traoré a interpellé les élites politiques : « Pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas voir le danger venir, nous unir et nous prémunir ? » Il a évoqué le risque de conflits internes et de pertes humaines massives si l’unité venait à faire défaut, avertissant que « ceux qui vont survivre de cette tragédie n’auront que deux choix : soit s’unir pour toujours contre l’impérialisme, soit se résigner à être des esclaves jusqu’à disparaître ».

Aujourd’hui, la pression sur les dirigeants de l’AES se renforce. L’Occident s’organise. La pression est autant physique que psychologique. L’objectif est connu : provoquer le doute, l’épuisement, l’usure mentale. C’est sur ce terrain que le camp adverse espère l’emporter.

C’est précisément pour cette raison que l’AES doit se préparer. Se préparer à durer. Se préparer à résister. Se préparer à traverser ce qui s’annonce comme son premier Hiver Noir.

Patrice Nziansè à Paris le 26 Décembre 2025

Patrice NZIANSE

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