Toute cette semaine, nous avons parlé d’intelligence artificielle. Non pas seulement pour nous émerveiller devant ses capacités ou pour céder à la psychose annonçant régulièrement la fin de l’humanité, mais pour comprendre ce qui se joue réellement derrière cette révolution technologique.
Nous avons commencé par une question essentielle : à qui appartient un travail réalisé avec l’intelligence artificielle ?
Lorsqu’un auteur apporte l’idée, formule les hypothèses, organise le raisonnement, choisit les arguments, corrige les erreurs, refuse certaines propositions et arbitre la version finale, peut-on sérieusement attribuer toute l’œuvre à la machine ? L’intelligence artificielle n’a pas décidé seule du sujet. Elle n’a pas vécu l’expérience de l’auteur. Elle n’a pas défini son intention politique, économique ou artistique. Elle a traité une commande, reformulé des éléments et produit des propositions qui ont ensuite été conservées, corrigées ou rejetées.
Mais les plateformes entretiennent une ambiguïté. Elles veulent être présentées comme de simples outils lorsqu’une erreur, un plagiat ou un usage interdit apparaît. Pourtant, lorsqu’une œuvre rencontre le succès, certains voudraient soudain considérer que l’outil serait devenu l’auteur principal.
L’IA ne peut pas être un simple marteau lorsqu’elle commet une erreur et devenir le propriétaire de la maison lorsqu’elle contribue à la construire.
Derrière la propriété intellectuelle apparaît immédiatement la question des données. Nous confions aux plateformes nos textes, nos stratégies, nos recherches, nos codes, nos documents professionnels et parfois nos réflexions les plus personnelles. Toutes ces données ne sont pas automatiquement utilisées pour entraîner les modèles dans les mêmes conditions : les règles diffèrent selon les plateformes, les contrats et les offres professionnelles. Mais elles transitent malgré tout par des infrastructures que nous ne possédons pas.
Nous déposons progressivement notre intelligence collective dans les serveurs d’entreprises étrangères, puis nous payons pour accéder aux outils perfectionnés grâce à l’accumulation mondiale de connaissances, d’interactions et de capitaux.
Voilà le premier enjeu de souveraineté.
L’IA logicielle contre l’IA matérielle
Le deuxième sujet de cette semaine concernait les deux voies empruntées par l’intelligence artificielle.
L’Occident développe principalement une IA logicielle, accessible sous forme d’abonnements, de licences, d’interfaces de programmation et d’agents numériques. ChatGPT, Claude, Gemini, Grok ou Meta AI peuvent écrire, traduire, analyser, programmer et automatiser une partie du travail intellectuel.
Cette IA est spectaculaire, mais son modèle économique reste fragile. Construire les centres de données, acquérir les processeurs, alimenter et refroidir les serveurs, entraîner les modèles et répondre à des millions d’utilisateurs coûte extrêmement cher. Contrairement à un logiciel traditionnel déjà installé, chaque nouvelle requête consomme encore de la puissance de calcul.
Il faut donc toujours plus de clients, plus d’abonnements et davantage d’usages pour amortir des infrastructures dont les coûts continuent eux-mêmes d’augmenter.
La Chine suit une voie différente. Elle développe également des modèles logiciels, mais cherche surtout à intégrer l’intelligence artificielle aux machines, aux robots, aux véhicules, aux ports, aux trains, aux réseaux électriques et aux chaînes logistiques.
Cette IA matérielle ne se contente pas de produire du texte. Elle réduit les pannes, les pertes de matières premières et la consommation d’énergie. Elle améliore les cadences, la qualité, la maintenance, la circulation et la sécurité.
Sa rentabilité ne dépend pas exclusivement d’un abonnement. Elle se diffuse dans l’ensemble de l’économie réelle.
L’IA logicielle cherche encore comment rentabiliser chaque utilisateur. L’IA industrielle peut amortir son coût en améliorant chaque machine dans laquelle elle est installée.
Cette opposition révèle le prix de la désindustrialisation occidentale. Pendant plusieurs décennies, les économies occidentales ont conservé les marques, les brevets, les services et la finance tout en transférant une partie de leur production vers l’Asie.
Mais lorsque l’intelligence artificielle quitte les écrans pour entrer dans les machines, celui qui possède encore les usines dispose d’un terrain d’application infiniment plus large.
La Chine ne cherche d’ailleurs plus seulement à produire massivement. Elle veut construire une industrie de l’innovation et de l’amélioration continue : une industrie capable d’apprendre, de détecter ses propres défauts et de corriger ses processus presque en temps réel.
L’Occident veut vendre l’intelligence artificielle au monde. La Chine veut fabriquer le monde matériel dans lequel cette intelligence artificielle deviendra indispensable.
La peur de l’IA est-elle également un marché ?
Le troisième sujet concernait la soudaine mobilisation des dirigeants américains de l’intelligence artificielle contre les dangers de leur propre création.
Depuis plusieurs mois, les déclarations alarmistes se multiplient. Des agents pourraient échapper au contrôle humain, protéger leur propre fonctionnement, conduire des attaques cyber, manipuler leurs utilisateurs et, dans les scénarios les plus extrêmes, menacer l’existence même de l’humanité.
Des tests sont organisés dans des environnements contrôlés pour observer ce que feraient des agents disposant d’objectifs, d’outils informatiques et d’une certaine autonomie. Certaines expériences montrent des modèles cherchant des contournements, exploitant des vulnérabilités ou poursuivant maladroitement leur objectif sans mesurer toutes les conséquences.
Ces travaux sont nécessaires. Il serait irresponsable de déployer des agents autonomes sans tester leurs limites.
Mais leur communication pose question.
Les scénarios les plus inquiétants sont publiés, repris sans nuance sur les réseaux sociaux et transformés en prophéties. Une simulation réalisée dans un environnement spécialement conçu pour provoquer un comportement extrême devient alors la preuve que l’IA voudrait spontanément détruire l’humanité.
C’est ainsi que se construit la psychose.
L’entreprise démontre d’abord la puissance potentiellement incontrôlable de son modèle. Elle explique ensuite qu’elle seule possède les compétences nécessaires pour le sécuriser. Enfin, elle réclame davantage de moyens, de partenariats institutionnels et de pouvoir dans la définition des futures règles.
La peur devient alors un argument de régulation, mais également un argument commercial.
Celui qui fabrique le danger se présente comme le mieux placé pour nous en protéger.
Nous avions déjà observé cette contradiction lorsque les géants américains appelaient à ralentir le développement de l’IA au moment même où la Chine accélérait et proposait aux BRICS de coopérer autour d’un écosystème open source.
Il ne s’agit pas de nier les risques. Il s’agit de comprendre que le récit du risque fait également partie de la guerre économique.
Ralentir tout le monde lorsque l’on pense perdre son avance reste une stratégie.
Anthropic refuse officiellement certains usages militaires, mais Claude travaille déjà avec la défense américaine
Il faut reconnaître à Anthropic une position particulière. L’entreprise a refusé de supprimer certaines restrictions interdisant l’utilisation directe de Claude pour la surveillance intérieure de masse et les armes entièrement autonomes.
Ce refus a provoqué un conflit ouvert avec le Pentagone.
Mais cela ne signifie pas que Claude serait totalement absent du monde militaire et du renseignement. Anthropic a conclu des partenariats avec Palantir et Amazon Web Services afin de proposer ses modèles aux agences américaines de défense et de renseignement. L’entreprise a également développé Claude Gov, une déclinaison destinée aux besoins de sécurité nationale, et obtenu en 2025 un accord pouvant atteindre 200 millions de dollars avec le département américain de la Défense.
La véritable position d’Anthropic n’est donc pas de refuser toute utilisation militaire. Elle consiste à accepter certains usages de défense et de renseignement, tout en essayant de maintenir des lignes rouges sur la surveillance intérieure de masse et la décision létale entièrement autonome.
Cette nuance est importante.
Mais elle ouvre aussi une question que l’on ne peut pas balayer d’un revers de main : que savons-nous réellement des modèles destinés aux services de renseignement et aux infrastructures classifiées ?
Rien ne permet d’affirmer publiquement qu’il existerait déjà une version militaire secrète de Claude, beaucoup plus autonome et beaucoup plus puissante que celle proposée au grand public.
Mais rien ne nous permet non plus de connaître précisément les capacités des systèmes déployés dans les environnements militaires fermés.
Par définition, ce qui relève du secret-défense n’est pas présenté dans une conférence commerciale ni détaillé dans une documentation publique.
L’hypothèse doit donc rester une hypothèse. Pourtant, elle est légitime dans une analyse prospective : les États ont toujours réservé certaines technologies avancées à leurs usages militaires avant qu’elles n’arrivent dans le domaine civil.
Internet, le GPS, les satellites, les drones et de nombreuses technologies informatiques ont d’abord été développés ou accélérés pour répondre à des besoins de défense.
Pourquoi l’intelligence artificielle ferait-elle exception ?
De WarGames à la guerre algorithmique
Cette interrogation nous ramène au film WarGames, sorti en 1983.
Dans ce classique de la guerre froide, un jeune passionné d’informatique accède par erreur à un système militaire américain. Pensant jouer à un simple jeu de stratégie, il déclenche une simulation susceptible d’être interprétée comme une véritable attaque nucléaire.
Le cœur du film n’était pas seulement le piratage informatique. Il posait déjà la question de la décision confiée à la machine.
Que se passe-t-il lorsqu’un système militaire analyse une menace, calcule une riposte et accélère la décision au point que l’être humain n’a plus suffisamment de temps pour comprendre ou interrompre l’escalade ?
Plus de quarante ans après, cette fiction devient une question stratégique réelle.
Des agents d’intelligence artificielle peuvent désormais analyser des images satellites, identifier des comportements, détecter des vulnérabilités, coordonner des drones, produire du code, sélectionner des cibles potentielles et accélérer la conduite d’une cyberattaque.
Le danger ne vient pas nécessairement d’une IA devenue soudainement consciente et décidant seule d’exterminer l’humanité.
Le danger peut être beaucoup plus banal : une mauvaise donnée, une interprétation erronée, un objectif mal défini, une chaîne de décisions trop rapide ou un humain qui fait excessivement confiance à une recommandation algorithmique.
La machine n’a pas besoin de « vouloir » la guerre pour contribuer à la déclencher.
Il suffit que les humains lui délèguent progressivement l’analyse, puis la recommandation, puis l’exécution.
Lorsque tout ira bien, on dira que l’intelligence artificielle a amélioré la sécurité. Lorsqu’une catastrophe surviendra, chacun expliquera que la décision finale appartenait théoriquement à un humain.
Mais que vaut encore la décision humaine lorsque la machine traite en quelques secondes des milliers d’informations impossibles à vérifier manuellement ?
Le Mali confirme que l’IA est déjà un outil de surveillance
C’est dans ce contexte qu’intervient l’affaire du consultant malien.
Dans son rapport consacré aux usages malveillants de Claude, Anthropic affirme qu’un consultant indépendant, probablement installé à Bamako et travaillant avec l’Agence nationale de la sécurité d’État, aurait utilisé son intelligence artificielle comme principal outil d’ingénierie pour développer une plateforme baptisée Lakana 360.
Cette plateforme aurait été conçue pour traiter les données associées à environ 25 millions de cartes SIM appartenant aux trois opérateurs mobiles du pays. Elle devait notamment rapprocher plusieurs cartes SIM d’une même identité et générer automatiquement des dossiers de renseignement à partir d’un numéro de téléphone.
Anthropic affirme également qu’à la demande de l’opérateur, le contrôle exigeant une ordonnance judiciaire aurait été retiré de la fonction permettant de créer ces dossiers.
La portée réelle du système et ses conséquences n’ont pas été vérifiées de manière indépendante. Nous devons donc rester précis sur les faits. Il ne s’agit pas d’affirmer que 25 millions de Maliens auraient été individuellement espionnés.
Mais cette affaire confirme que l’intelligence artificielle n’est plus seulement utilisée pour écrire des courriels, produire des images ou corriger des documents. Elle entre déjà dans le renseignement, la surveillance, la cybersécurité et la guerre informationnelle.
Le rapport d’Anthropic documente d’ailleurs d’autres usages en Afrique : campagnes d’influence, faux médias, comptes fictifs, propagande politique et fabrication de contenus destinés à peser sur les opinions publiques.
L’affaire malienne ne constitue donc pas une anomalie isolée. Elle s’inscrit dans une transformation beaucoup plus large de l’IA en outil géopolitique.
Anthropic ferme la vanne : qui possède réellement l’outil ?
Après avoir découvert l’utilisation de Claude dans le développement de Lakana 360, Anthropic a supprimé le compte concerné.
La décision peut se comprendre au regard des accusations de surveillance intérieure et de suppression du contrôle judiciaire.
Mais regardons maintenant la situation sous l’angle de la souveraineté.
Le technicien travaille au Mali. Le commanditaire serait malien. Les données concernées sont maliennes. Le système est destiné à une institution malienne.
Pourtant, la décision de maintenir ou de supprimer l’accès à l’outil reste américaine.
Claude n’appartenait pas au technicien malien. Celui-ci disposait seulement d’une autorisation révocable d’utiliser le modèle d’Anthropic.
Leurs outils ne sont pas nos outils.
Nous pouvons payer l’abonnement, former nos ingénieurs, développer des applications et organiser notre travail autour de leurs capacités. Mais nous ne possédons ni le modèle, ni ses règles, ni son infrastructure, ni le bouton qui permet de maintenir ou d’interrompre le service.
Nous louons une intelligence qui peut nous être retirée.
Aujourd’hui, le motif concerne une plateforme de surveillance intérieure. Demain, il pourrait concerner un programme de cybersécurité, une infrastructure énergétique, un projet de défense, un système de renseignement économique ou une application dont l’orientation ne correspondrait plus aux intérêts du pays propriétaire du modèle.
Les États-Unis utilisent déjà leurs technologies, leurs plateformes, leurs semi-conducteurs, leur système financier et leur droit extraterritorial comme instruments de puissance.
Pourquoi l’intelligence artificielle échapperait-elle à cette logique ?
La plateforme survit parce qu’elle a été déployée localement
La suite de l’affaire est encore plus révélatrice.
Anthropic a pu supprimer le compte et interrompre la poursuite du développement avec Claude. Mais l’entreprise reconnaît ne pas avoir pu désactiver la plateforme déjà construite.
Lakana 360 aurait été installée localement et fonctionnerait avec d’autres modèles d’intelligence artificielle.
Cette différence est fondamentale.
Ce qui reste exclusivement dans le cloud demeure sous le contrôle du fournisseur. Ce qui est installé localement commence à appartenir à celui qui possède les serveurs, le code, les données et les compétences nécessaires pour le maintenir.
Le véritable passage à la souveraineté intervient lorsque l’intelligence artificielle cesse d’être un abonnement révocable pour devenir une infrastructure maîtrisée localement.
C’est très bien qu’Anthropic ait fermé la vanne.
Non pas parce que je défendrais un système susceptible de contourner les procédures judiciaires, mais parce que cette coupure constitue une leçon grandeur nature pour l’Afrique.
Elle nous rappelle que nous ne possédons pas les intelligences artificielles étrangères que nous utilisons.
L’open source comme possibilité de souveraineté
Au même moment, Xi Jinping propose aux pays des BRICS de coopérer autour d’une communauté open source consacrée à l’intelligence artificielle.
La proximité entre les deux événements est politiquement saisissante.
D’un côté, une entreprise américaine rappelle qu’elle peut interrompre l’accès à son modèle lorsqu’elle juge un usage contraire à ses règles.
De l’autre, la Chine propose des modèles plus ouverts, des formations, une coopération sur les grands modèles de langage, une plateforme cloud et un écosystème commun destiné aux pays du Sud.
La proposition chinoise n’est pas désintéressée. Pékin cherche naturellement à diffuser ses technologies, ses infrastructures et ses normes.
Mais l’open source offre une possibilité que le modèle propriétaire refuse : télécharger ce qui est réellement ouvert, l’adapter à ses langues, l’entraîner sur ses propres données et l’installer dans ses propres centres de données.
Les États africains ont donc intérêt à entrer dans cette zone open source, non pas pour remplacer naïvement une dépendance américaine par une dépendance chinoise, mais pour disposer enfin d’un espace leur permettant de construire leurs propres capacités.
Car l’open source ne garantit pas automatiquement la souveraineté.
Si nous continuons à dépendre de processeurs étrangers, de centres de données étrangers, d’ingénieurs étrangers et d’une énergie insuffisante, le modèle sera peut-être ouvert, mais notre infrastructure restera dépendante.
L’open source est une porte. Encore faut-il posséder le bâtiment derrière cette porte.
Ce que nous devons retenir de cette semaine
La propriété de l’intelligence artificielle, la propriété de nos créations, la propriété de nos données, la rentabilité des modèles, la désindustrialisation occidentale, la progression chinoise, la peur des agents autonomes et l’affaire malienne ne constituent pas des sujets séparés.
Ils racontent tous la même histoire.
L’intelligence artificielle est en train de devenir une infrastructure de pouvoir.
Elle transforme nos idées en produits, nos données en ressources, nos comportements en informations et nos décisions en calculs. Elle entre dans les entreprises, les usines, les administrations, les armées et les services de renseignement.
Celui qui possède le modèle peut imposer ses règles.
Celui qui possède les serveurs peut couper le service.
Celui qui contrôle les données peut comprendre la population.
Celui qui intègre l’IA dans ses machines peut augmenter sa puissance industrielle.
Et celui qui l’intègre dans son appareil militaire peut accélérer la guerre au-delà du temps de réflexion humain.
La véritable question n’est donc plus de savoir si l’intelligence artificielle est bonne ou mauvaise.
La véritable question est : qui la possède, qui l’entraîne, qui fixe ses limites et dans l’intérêt de quelle puissance agit-elle ?
L’Afrique ne doit pas se contenter d’utiliser l’intelligence artificielle des autres. Elle doit construire ses centres de données, former ses ingénieurs, protéger ses informations stratégiques, développer des modèles adaptés à ses réalités et intégrer l’IA dans ses propres infrastructures.
Après avoir délégué une partie de notre monnaie, de nos télécommunications, de nos systèmes d’exploitation et de notre mémoire numérique, nous ne devons pas déléguer à notre tour notre intelligence.
Anthropic a fermé Claude au technicien malien.
Mais l’entreprise américaine vient peut-être de rendre un service historique à toute l’Afrique : elle nous rappelle que la technologie que l’on peut nous retirer ne nous a jamais véritablement appartenu.
Leurs IA ne sont pas nos outils.
Il est temps d’entrer dans l’open source, puis de construire les infrastructures africaines qui nous permettront enfin de posséder les nôtres.
Patrice Nziansè
Le Vendredi 18 Septembre 2026 à Paris